• Il était une fois... Quelques madeleines de Proust

    Puisque nous sommes toujours en janvier, mois des bons voeux et autres bonheurs,

    je laisse la parole à Carole qui souhaite vous les présenter à son tour.

    J'ai ponctué son récit de photos de son jardin givré et de quelques scènes des fêtes.

    Carole, j'ai trouvé une pensée de Proust qui va bien, je trouve, avec l'esprit de tes " Il était une fois...":

    " Tout comme l'avenir, ce n'est pas tout à la fois, mais grain par grain qu'on goûte le passé."

    ***

    Quelques madeleines de Proust !

     

     Marcel Proust et son affection pour les madeleines de son enfance...

     

    Petite, comme vous, j'aimais bien les madeleines et les aime toujours autant,

    mais il a fallu quelques événements familiaux pour enfin comprendre ce que cette expression voulait vraiment évoquer.

     

    Il était une fois... Quelques madeleines de ProustIl était une fois... Quelques madeleines de Proust

     

    C' est très insidieusement que les miennes de madeleines se sont chargées de remplir ma boite à souvenirs,  d' Alsace et...de gâteaux, accessoirement !

     

    Je dis accessoirement, car je crois que nous sommes nombreux à penser que les moments positifs de nos vies arrivent pour combler un manque...

    un vide, voire des blessures, puis à l'image de ces madeleines de Proust,

    ils auront pour mission d'occuper quelques étages dans notre mémoire bienveillante et réconfortante... d' enfant !

     

    Il était une fois... Quelques madeleines de ProustIl était une fois... Quelques madeleines de Proust

     

    Brave et salutaire mémoire d' enfant, qu'as-tu donc trouvé comme subterfuge pour qu'une époque aussi sombre veuille bien prendre la forme d' une boite en métal,

    décorée de quelques images naïves et colorées, hivers enneigés, patineurs sur glace et de quelques branches de houx en relief sur le haut du couvercle si souvent ouvert...et refermé,

    après qu'une main d' enfant soit venue chaparder en douce un de ces petits gâteaux de Noël aux parfums d' anis et de cannelle,

    confectionnés avec soin et application par ma tante Denise, désignée d' office comme substitut familial de cette époque trouble,

    assumant une famille agrandie à six enfants d' un seul coup!

     

    Il était une fois... Quelques madeleines de Proust

     

    Qui pouvait imaginer que ce fier chalet sur la route entre Munster et le col de la Sclucht, abritait une cuisinière émérite et...méritante!

    Un chalet que je trouvais majestueux, fenêtres de décembre décorées de sapin et d' étoiles dorées, un balcon à l' étage croulant sous une guirlande animée,

    un chalet aussi alsacien que mon nom de naissance !

     

    Heureuse mémoire d' enfant, car encore maintenant, je reconnais entre mille ces parfums délicieux, ces petites formes d' emporte-pièces aux allures naïves,

    écorces d'oranges et anis étoilé, gâteaux troués à la gelée de framboise et spritz au beurre.

     

    Il était une fois... Quelques madeleines de ProustIl était une fois... Quelques madeleines de Proust

     

    En décembre, dans ma belle vallée de Munster pourtant refoulée car ma mémoire d' enfant y garde quelques brouillards encore tenaces, par une fenêtre ouverte,

    on entendait aussi « Quand les cloches sonnent sonnent.... » et quelques autres chansons des Compagnons de la Chanson, mélodies indissociables des bredeles de mon enfance,

    quand ma tante Denise, tablier noué autour de sa taille, les mains enfarinées...et beurrées, (je précise qu'un bredele est fait de beaucoup de beurre, c' est pour cette raison qu'il est bon), mettait un point d' honneur à remplir...remplir...remplir de nombreuses boites en fer, mes fameuses Madeleines de Proust à moi !

     

    Il était une fois... Quelques madeleines de ProustIl était une fois... Quelques madeleines de Proust

     

    Quelle étrange mémoire d'enfant, quel subterfuge as-tu donc trouvé pour que je puisse sourire à cette simple évocation des bredeles et des Compagnons de la Chanson,

    sourire et ne pas être triste alors que tante Denise s' en est allée en ce début d' année 2019, rejoindre à son tour mes brouillards d'Alsace...

     

    Sans doute sais-tu, toi, insidieuse et étrange mémoire d' enfant, qu'une madeleine, qu'elle soit de Proust, d' Alsace ou d'ailleurs, délivrera tous ses secrets de fabrication

    dans une frêle embarcation prenant le large pour un autre voyage, un très beau jour de décembre,

    quand en soulevant le couvercle d' une boite en fer, s' y trouvait déposée sur des bredeles confectionnés par une jeune et future maman, une petite paire de chaussons de bébé...

    au parfum d' anis étoilé et de spritz au beurre !

    Oui, je souris, car à ces souvenirs liés à tout jamais à ma tante pour combler quelques manques, la tristesse ne peut s'y mêler,

    une paire de chaussons de bébé en a rempli une boite toute entière !

     

    Il était une fois... Quelques madeleines de Proust

     

    A Nathalie, à vous les jardins dont j'ouvre... le couvercle avec délice pour y déguster d'autres madeleines de Proust...

    Paisible et belle année 2020 !

     

    Carole...née Georgenthum !

     

    Il était une fois... Quelques madeleines de Proust

    Texte et photos de Carole Tahar.

     

    A bientôt!

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Dimanche 26 Janvier à 09:48
    catherine

    Carole, très joli texte empreint de beaucoup de nostalgie, as tu vraiment oublié ton enfance?

    je ne le pense pas, mais chacun ses brouillards, n'est ce pas?

    ah les délicieuses pâtisseries de Noël, cachées au fond des boites en fer blanc..

    J'avais aussi une tante qui les confectionnait pour cette période, à l'époque, je vivais pas très loin de chez toi, en Lorraine, près de Metz,

    et les petits gâteaux genre bredele de ma tante ressemblaient certainement aux tiens..

    encore une fois, bonne année sereine à toi aussi!

    bises, bon dimanche (frisquet chez toi?)

     

     

      • Carole Tahar
        Dimanche 26 Janvier à 19:25

        Bonsoir Catherine! Merci pour ce que tu dis...

        Je crois, encore à ce jour,  avoir tout tenté pour justement tout retrouver...ou presque de cette enfance. Mais comme beaucoup, non?

        Accepter d' oublier pour avancer plus rapidement aurait été comme "gommer" certaines personnes chères à mon coeur, pas possible. Par contre, je ne peux pas avoir de "nostalgie" au vrai sens de ce mot, car de ce "avant", aucune  baguette magique ne pourrait en changer  l' avenir. 

        Entre deux de tes lignes, je lis que le brouillard peut être tenace partout...mais j' y pense, le brouillard, c' est de l' eau...comme la pluie, donc après, c' est le beau temps, chez toi aussi?

        Et tu seras d' accord, si nous sommes des adultes, parents, grands-parents maintenant, c' est qu' un jour, nous avons bien du être...des enfants.

        Tu vois, toi aussi tu avais une tante, à quelques...km,

        qui faisait des bredeles, nous sommes donc en quelque sorte des cousines, au-moins par les papilles! (je voulais dire...le bec, mais ça ne se fait pas,sarcastic).

        Bises Catherine et sérénité à partager pour tous et toutes!

        Douceur un peu humide ce dimanche ici, de -5°, sommes remontés à +7°.

        Carole.

         

         

    2
    Dimanche 26 Janvier à 09:49
    catherine

    et bon dimanche à toi,  généreuse Nathalie,

    bises du matin

    3
    Dimanche 26 Janvier à 10:47

    Quelle  douce et tendre nostalgie du temps passé, du temps qui passe, tendre et douce comme une madeleine de Proust ! Tel un baume sur les brouillards d'enfance, brouillards percés, transpercés par un éclair de lumière. Et dire que bien souvent la plume de l'écrivain de Cabourg est jugée soporifique par l'âme masculine ? Un mystère pour moi, qui la savoure, tellement les rêveries qu'elle engendre me sont douces, comme une madeleine justement. Aaaaah ces pâtisseries alsaciennes que tu évoques si amoureusement Carole, sont si réconfortantes elles aussi et apaisantes.

    Encore un fois grand merci à toi C arole et à Nathalie pour cette délicieuse ôde à la madeleine qui déjà illumine la naissance d'un dimanche gris et humide. Et puis, Madeleine un prénom, qui fleure bon l'enfance elle aussi au pays d'un autre écrivain de grand talent, cette Sophie russe, au temps des de Fleurville, un prénom que j'aime sous toutes ses déclinaisons et particulièrement celle de Madlein. Heu excusez mes digressions dominicales, je m'envole. Bizzzzh à toutes deux.

      • Carole Tahar
        Dimanche 26 Janvier à 20:56

        Bonsoir Maryline!

        Je  crois que Nathalie, comme nous toutes, quand tu parles des De Fleurville, nous devinons Les Petites filles modèles! C 'est ça?

        Et bien entendu, Camille et Madeleine, à qui je n' ai jamais du ressembler d' ailleurs! Mais qu' est-ce que c' était beau!

        Des bredeles, mais sans doute que d' autres ont un tendre souvenir avec un Petit beurre, une tranche de marbré au chocolat, la brioche du dimanche ou...le pain perdu vanillé, ça c' est pas mal aussi!

        Ah! Proust et son insignifiante mais délicieuse madeleine d' une... mémoire d' enfant,

        grandir, grandir et marquer le temps sur la frise de notre vie grâce à quelques douceurs, fussent-elles quelques madeleines...

        Maryline, je te dis merci pour ton beau commentaire et merci pour "digressions", (dominicales, ça, j' avais bien deviné par contre...), Zut alors, il a fallu que j' aille en vérifier la signification de ce mot! Perso,  je trouve  ton "envol" très sympathique!

        J' embrasse Nathalie, mille fois pour plein de raisons, mais pour une peut-être plus particulièrement:

        j' ai lu , il y a peu, et je suis incapable de retrouver qui disait ça,

        "écrire quand on ne peut plus parler ou se taire"

        mais où, comment, pour qui et pourquoi?

        A moi de t' embrasser Maryline!

        Carole.

         

         

    4
    Dimanche 26 Janvier à 18:59

    Coucou Carole et Nathalie ,

    Je suis très touchée d'avoir lue cette "enfance "

    Merci de nous avoir partager ces moments d'intimités ...

    Bisous

    5
    Dimanche 26 Janvier à 21:07

    C'est beau et triste à la fois, et les photos accompagnent si bien ton texte.

    Elle avait l'air très gentille ta tante.

    Une naissance prévue pour mars si j'ai tout compris? :D

    Bises Carole et Nathalie.

     

     

      • Carole Tahar
        Dimanche 26 Janvier à 21:52

        Bonsoir Cindy!    Par un tour de passe-passe hors de ma grande maîtrise de mon ordinateur...ma réponse à Corinne prend une place de retard, désolée!

        A toi, Cindy, donc!

        Oui, ma tante était très maternelle,  à la hauteur de ce qu' elle pouvait faire et sans doute pas encore assez pour combler quelques vides!

        Mais, c' est sans doute le lot de beaucoup d' enfants un peu "bousculés", enfin, je crois.

        Pour le beau et triste, tu as raison, mais ça aussi, hélas, c' est le "bagage" que transportent bien des personnes, il est parfois plus ou moins lourd, ou plus ou moins léger, selon notre optimisme ou pessimisme!

        Mais cette jolie naissance a déjà eu lieu, en juin dernier, d' où le "7 mois" dans le sapin et le "Noël 2019".

        Une cacahuète, une cocotte comme ses parents disent, est venue nous chatouiller un peu notre coeur de grands-parents,  ses 7 mois le 25 décembre! Le Noël des petits chaussons était celui d' avant!

        Des bises et merci pour le jardin, je lui dis tes compliments dès demain...au jardin!

        Carole.

      • Carole Tahar
        Lundi 27 Janvier à 08:22

        Re-Coucou Cindy,

        tu auras fait la rectification je pense sur l' âge de notre cocotte née en juin, dans le sapin, ce sont ses 6 mois à Noël,

        et au 25 janvier...tout juste passé, ses 7 mois affichés avec un joli sourire!

        Bises

        Carole.

      • Lundi 27 Janvier à 09:22

        Haaaa d'accord, en fait vu que tu marquais future maman, je me suis dit le bébé à 6 mois dans le ventre mdr, donc va naitre vers mars.

        En plus tu en avais sans doute déjà parlé dans un article précédent, mais vu ma mémoire...

        Bonne journée!

    6
    Carole Tahar
    Dimanche 26 Janvier à 21:36

    Bonsoir Corinne, douce et sensible Corinne,  si si!

    Une maman/chats, tu remarqueras...que chats est au pluriel, logique si on a fait un tour par chez toi et que tout naturellement,

    on se dit, qu 'une maman/chats n' est pas qu' une blogueuse qui ferait redescendre tout son petit monde à 4 pattes, grimpé au plus haut d' un toit...côté route,

    à grands coups de Pshittttt, ou de claquements de mains bien bruyants; Y a d' ailleurs que nous, humains, qui croyons que ça va vraiment faire peur à un chat! 

    Je pense que nos poilus redescendent car leur 6eme sens leur indique que nous sommes morts de trouille pour eux, et grands seigneurs, ils mettent un point d' honneur à nous rassurer...quitte à redescendre façon chat/ froussard, un moment de gêne/féline étant vite passé!

    Le partage n' existe que si  on te donne quelque chose à échanger, à... partager. 

    Un jour, une Nathalie m' a offert une petite place de partage, et j' en abuse...même pas honteusement!!!

    Mais un peu comme tous les jardins de la toile, où vous échangez et  partagez toutes et tous bien plus que ce qui semble se voir ou se lire.

    Avant de "poster" mon tout premier commentaire sur un billet, j' ai, comme on dit, tourné  ma langue 7 fois, j' y vais? j' y vais pas?

    Je suis persuadée, que vous avez eu toutes et tous, la même interrogation quand vous avez créé votre blog; j' y vais? j' y vais pas?

    Un jardin, c' est très intime aussi, très personnel, sans doute même plus que les petits bouts de ma vie qui peuvent ressembler à bien d' autres vies,

    mais un jardin...que raconte-t-il, que montre-t-il, et qu' espère-t-il tant...VIVRE, sans doute, juste ViVRE!

    Bises Corinne, bises et merci!

    Carole.

     

     

    7
    Lundi 27 Janvier à 08:36
    christine

    Coucou Nathalie, Coucou Carole

    Je ne sais plus trop comment c'est faite cette entrée en matière, cette prise de contact avec Carole, sans doute un commentaire laissé ici ou là et continuée depuis sous forme de messages plus personnels où l'on évoque un peu ou beaucoup de soi... quel plaisir ce fut alors de continuer  des échanges qui parlent de vies et de jardins, de plantes et de gâteaux, d'enfants et petits enfants, elles pourraient se comparer à un gâteau préféré,  pour moi une succulente amandine, un gâteau qui évoque la perfection, mon gâteau, s'aurait pu en être un autre, le souvenir de ce mille feuilles à la praline découvert dans une boulangerie entre la rue Eugene Jumin et la rue Petit, boulangerie disparue mais qui m'a laissé un goût de reviens-y...

    Il y aurait un ponchki, une recette typiquement polonaise que nous réalisait maman, parfum de levure fraîche et de raisins, de beurre et de sucre qui remplissait nos estomacs creux au retour de l'école ou bien une simple tartine de beurre et du chocolat en poudre, la marque orange au cheval faisait notre bonheur, la Pologne berceau de notre famille maternelle où je me rendrais au printemps prochain, redécouvrir les pierogi ou les brioches au pavot, ma madeleine de proust à moi...

    Il y avait bien aussi cette orange et ces "crottes" en chocolat trouvées sous le sapin lorsque le Noël était bienveillant et contemplatif, le brouillard de l'oubli a bien caché quelques horribles souvenirs dont les cicatrices resteront toujours là à l'intérieur d'un corps blessé et meurtri

    Et puis il y a ces retours qui font penser que la vie sait offrir sa madeleine de proust aux parfums incomparables de bonheur et de rires, de tendresse et d'affection, le brouillard sait en dévoiler d'autres, il a bien le sourire d'un enfant, une petite fille qui a 7 mois maintenant et qui fait le bonheur de ses grands parents, n'est-ce pas Carole ??

    Je ne peux que dire merci à ce post fabuleux qui encore une fois à su trouver en moi le chemin du coeur, de l'émotion, de la vie en somme

    Gros bisous à toi Nathalie et aussi à toi Carole et merci pour ce post chargé d'émotions fortes

      • Lundi 27 Janvier à 11:42
        catherine

        ah Christine, tu ne m'avais pas dit que tu avais des origines polonaises, comme moi!

        ma grand mère polonaise, arrivée en France il y a déjà 100 ans(!) nous faisait des ponchki aussi!

        et plein d'autres pâtisseries polonaises, dont j'ai oublié et le nom et le goût, dommager...

        je n'y avais pas songé depuis des années, merci de cette nouvelle Madeleine de Proust, j'adorais quand la confiture était à la quetsche...

        merci!!

      • Carole Tahar
        Lundi 27 Janvier à 13:38

        Ah! Christine!

        Celle qui a un coeur gros comme une main, les poches pleines de mots si gentils  et de  l' humour à la pelle, bêche ou pioche... quand il reste le manche qui va avec...

        ( comprendre que Christine vient de faire la peau à 2 outils indispensables pour une jardinière!!!)

        Grand merci surtout à toi, si j' en ai trouvé le chemin de ton coeur, tu me confortes dans l' idée qu' il ne faut pas se priver d' aimer les gens et de le dire,

        ça peut sembler ridicule et désuet, parfois ça peut faire un bien fou et même...sauver quelques vies!

        Je viens de faire connaissance avec tes ponchkis, ce sont des beignets, chez Catherine aussi, du coup! Les confitures, c' est vrai, sont des "madeleines" bien particulières aussi...

        Je te souhaite le plus beau des voyages en Pologne, ce printemps, ce sera sans doute fort en émotions, mais...je crois que parfois, même les coeurs et corps meurtris, blessés au plus profond, peuvent se retrouver devant une sorte de "montagne affective" à gravir pour finalement se rendre compte que son ascension en devient accessible, enfin!

        Oui, cette petite cocotte de 7 mois fait le bonheur de tous, pour moi, le choc affectif mais délicieux...ça été de me rendre compte, lors de l' annonce de cette future naissance, que notre louloute à nous, allait écrire une autre histoire dans notre famille...(PS/ même le tonton, le frérot, notre grand de...1m95, n' en est toujours pas revenu que sa soeurette adorée est donc devenue maman à son tour).

        Bises Christine!

        Carole.

      • Carole Tahar
        Lundi 27 Janvier à 16:56

        Re- Christine! A nouveau moi...

        Mais dis-donc, je viens de deviner la marque du chocolat en poudre...boite avec un cheval, non pas Ferrari, P....n!

        Bisous beurré et chocolaté, et pluvieux de lundi!

        Carole.

      • Lundi 27 Janvier à 19:34
        christine

        Catherine : l'évocation de mes racines est toujours un moment chargé d'émotions, mes grands parents polonais sont arrivés en france en 32 (mon grand père) et ma grand mère à suivi deux ans plus tard, à eux deux ils ont fait 9 enfants, moitié filles, moitié garçons comme ça le choix du roi était grand ;-) et puis la guerre, l'exode, la faim, les privations, les difficultés de la vie, ils sont morts en 71, j'étais une toute petite fille de 6 ans qui n'a pas eu le temps de les connaître, une seule image me reste et c'est celle de ma grand mère se plaignant de souffrir le martyr alors qu'elle allait mourir d'un cancer, c'était le 1er mai, mon grand père dévasté de chagrin s'est éteint en octobre, il ne voulait pas vivre sans elle... j'ai bien encore quelques mots de polonais qui doivent être cachés quelque part dans un coin de mon coeur mais malheureusement à l'époque maman ne savait pas que cette deuxième langue m'aurait peut être bien aidée dans ma vie d'adulte... Les brioches typiques, les pains aux saveurs de cannelle et de raisins, les pieroggi au choux (beurk) et au pruneau (double beurk), tous ces souvenirs chers à mon coeur me portent dans ma vie d'adulte et j'essaye chaque fois que c'est possible de faire quelques recettes de ce pays que je ne connais pas d'où pourtant mes racines m'appellent...

        Carole : aimer est un mot chargé d'émotions à lui tout seul, il peut évoquer la tendresse, l'affection, la passion, l'amour de deux coeurs, l'amitié, la solidité, aimer, c'est un si joli mot

        malheureusement on ne m'a pas appris petite à aimer,  la haine était le cloître qui nous ensevelissait, bridant nos émotions, fermant nos coeurs et banissant notre raison d'être... aimer, la première fois que je l'ai dit à un garçon il m'a rigolé au nez, j'avais 12 ans, quelle blessure ce fut, profonde et dévastatrice, elle a fait écho au dernier souffle de mon père parti sans nous l'avoir jamais dit, alors un jour je l'ai dit, écrit et ça a changé ma vie, j'ai appris que l'on pouvait aimer, aimer à en souffrir, aimer à en hurler, aimer à s'en faire éclater le coeur et le plus beau c'est lorsque quelqu'un vous dit ces simples mots "je t'aime"...

        Je reprendrais bien l'idée de Nathalie qui rempli des boites de petites choses, tout comme toi Carole, j'aime les boites, j'en ai quelques unes (beaucoup même) dans lesquelles je range quelques bidules, des bricoles insignifiantes mais chargées de souvenirs, cette petite boite remplie de mes trésors d'enfant, il faudra que je fasse un article dessus un jour prochain mais avant il me faudra la retrouver car rangée dans les cartons elle n'a pas encore fait sa réapparition, je penserais à toi

        Merci en tout cas d'évoquer ce brouillard avec tant d'émotions, tout ce qui y est rattaché et qui ne laisse personne indifférent à la lecture des commentaires

        quel joli moment de partage, j'aime tout simplement

    8
    Lundi 27 Janvier à 10:06

    Bonjour Carole,

    pour moi, cette expression restait assez floue car j'avais l'impression qu'on la mettait à toutes les sauces, pas toujours à bon escient...

    Aujourd'hui, elle prend tout son sens grâce à ton récit et je me rends compte que je suis encline à en remplir des boîtes et des boîtes de "madeleines de Proust",

    de plus en plus depuis que ma maman est malade, cela m'est devenu vital!

    Connais-tu "la boîte à petits bonheurs" ? Il s'agit d'écrire sur un bout de papier ce qui t'est arrivé de bon dans la journée

    et de le glisser dans une boîte. Un jour où tu n'as pas trop le moral, tu pioches au hasard un de ces petits bonheurs pour redevenir positive smile

    Je devrais m'y remettre ;-)

    Malgré les nébulosités de ton enfance, tu gardes une formidable énergie, Carole!

    Je lis tes commentaires chez les uns et les autres, ils sont toujours si optimistes

    et je me dis que tu reboostes en quelques mots bien choisis, les jardinières de la blogo smile

    Le bonheur est palpable à l'évocation de ce p'tit bout d'chou qui a déjà 7 mois!

    Et puis ton jardin est si lumineux, à ton image!

    Je t'embrasse Carole ainsi que Catherine, Maryline, Coco, Cindy, Chris...

      • Carole Tahar
        Lundi 27 Janvier à 14:05

        Bonjour, coucou, hello Nathalie!

        Comment dire...la boîte à petits bonheurs, je l' ai avec et sur moi en permanence, virtuelle certes, mais bigrement efficace et pas mal remplie!

        Je n' exagère absolument pas quand je dis que chaque matin, je suis heureuse de cette journée qui m' attend, qu 'elle ne peut plus en être un fardeau. Je le dis à ma "boîte", et elle garde tout ça pour elle!

        Chaque marche que je fais, souvent très tôt, me démontre que là, en pleine nature, je suis moi; je ne me sens pas jugée, je peux et sans croyance aucune, parler avec les absents, il m' arrive même de leur envoyer quelques reproches, dans le genre: franchement, vous auriez pu faire autrement pour nous faciliter notre vie, mais ça ne dure pas, au bout du champ, j' ai déjà oublié!

        Par contre, c' est rigolo de parler de boîtes, car j' en ai  une collection incroyable, avec couvercles, évidemment! Tout ce qui a un couvercle m' attendrit; on soulève et...surprise!

        Je suis entrain d' en remplir une avec...toutes les fèves gardées, (ça, je ne collectionne pas, mais j' en garde toujours une ou deux).

        Autre boite bien remplie, celle des boutons...jamais assortis, j' en ai une quantité!

        Tu sais quoi Nathalie? Un jour, notre cocotte fouillera de ses petites mains dans  ces boîtes à petits bonheurs...aussi! Comme l' a fait sa jeune maman dans ses boîtes à perles, et comme faisait son frèrot en fouillant dans la boîte aux légos, là tout au fond!

        Même une boîte en vieux carton a un goût de madeleine de Proust! C 'est dire si c' est important, une boîte!

        J 'embrase aussi toutes celles que tu embrasses et qui nous embrassent...ça en fait des bises qui s' échangent, non?

        Et une supplémentaire pour toi!

        Carole.

    9
    Lundi 27 Janvier à 13:06

    Je ne trouve pas les mots... Je crois que la tristesse du temps m'envahi un peu trop ces temps ci... Mais je suis en tout cas heureuse de te voir grand-mère comblée, boite à gâteaux bien remplie, de nouvelles madeleines, pour la génération future :) Bises à vous deux les filles !

      • Carole Tahar
        Lundi 27 Janvier à 14:49

        Bonjour ma Jardinière!

        Alors surtout pas de tristesse, ou pas très longtemps, et  le moins possible celle du temps; elle est mauvaise conseillère!

        Un Jardin de Pantoufle...reste un Jardin de Pantoufle, il est fait de belles personnes, de belles intentions et d' attendrissants bidous!

        Ce dont je suis à peu près certaine, je dis bien à peu près, c' est qu' accepter de redescendre de quelques marches, permet d' avancer plus surement ensuite.

        La tristesse d' un temps passé est une amie trop fidèle, il faut s' en éloigner un peu, quitte à perdre cette amitié, alors tords-lui un peu le cou à ce temps!

        Marie, douce et joyeuse Marie, tu sais si bien remplir ton jardin, de tout ce qui est vivant, de tout ce qui se partage, comme ça, pour rien, juste pour le plaisir d' envoyer une enveloppe ou un paquet qui fleure bon l' amitié, celle que nous cherchons toutes et tous.

        (ce truc de féminin/masculin m' énerve vraiment, si je dis toutes, les tous vont-ils se sentir offensés? Et si je dis tous,  les toutes vont-elles m' en vouloir?)

        Non, non, Marie, tu es de l' âge, à quelques carottes et ocas près,  de nos enfants; regarde devant toi, toujours, rien n' est plus simple pour vous (je ne te vouvoie pas d' un seul coup, je généralise!), on vous a préparé un peu le terrain, pas toujours bien plat, c' est vrai, mais il est là, alors, bon-sang! il faut en faire quelque chose de chouette!

        Tu connais cette citation absolument logique et de bon sens:

        Essayons d' être heureux, ne serait-ce que pour donner l' exemple!  Ce bon vieux Jaques Prévert qui disait aussi que:  la terre est un astre.

        Il avait bien raison, non?

        Allez, on applique sa citation, pas le choix de toute façon!  Et pour ce qui est du reste, je crois que c' est ton jardin tout entier qui ressemble à un astre, et tu en es la gardienne, bienheureuse gardienne!

        Des bises Marie et merci tout plein!

        Carole.

    10
    Lundi 27 Janvier à 17:29

    La tarte au Maroilles comme souvenir d'enfance, ça marche pareil que pour les madeleines? Parce qu'en bonne fille de ch'Nord, c'est plutôt ce parfum là qui régnait à la maison....

    Je rigole juste pour cacher l'émotion qui me prend à chaque fois que je lis un de tes textes, on ne se refait pas.

    Des bisous Carole et Nathalie.

    véro.

      • Carole Tahar
        Lundi 27 Janvier à 21:13

        Bonsoir Véro, bonsoir!

        Tout marche comme pour les madeleines, tout pareil!

        Dans ce style...culinaire, j' ai aussi "les pommes de terre en robe des champs...et au munster coulant!

        Tu sais Véro, je ne vais pas affirmer que les plus grands comiques sont des "comiques" pour ne pas pleurer, mais je ne dois pas être bien loin de la réalité, mais  il reviendrait donc à dire que les plus grands acteurs dramatiques auraient été des vrais heureux et chanceux dans leur vie!

        Je viens d' être sous le coup d' une émotion très vive à la lecture de Christine, s' adressant à Catherine pour parler de ses racines polonaises, et je peine un peu à trouver quelques babioles dérisoires à écrire, parfois mes poches se vident d' un coup...

        Véro, crois-tu que derrière tes billets qui n' ont, soit-disant que pour objectif de nous faire passer un joli moment, nous faire oublier quelques matins brouillasseux...et nous assurer que le jardin peut se faire sérieusement sans se prendre au sérieux...crois-tu donc que la jardinière que tu es et dont tu parles avec talent et humour,  ne serait donc qu 'une jardinière rigolote?

        Véro, sommes pas nées de la dernière pluie, d'ailleurs tombant depuis cet aprem...

        entre chaque raie de tomates et 3 plans de salades est écrit:

        Attention, jardinière rigolote mais sensible, à bon entendeur...

        Merci douce Véro! Avec mes bises.

        Carole.

         

    11
    Mardi 28 Janvier à 09:07

    Tu m'as très bien perçue, je suis très loin de n'être qu'une rigolote, plusieurs événements dans mon passé en sont la cause. Mais je n'en parle pratiquement jamais. Tiens, rien que de l'écrire, voilà la petite larme qui arrive, alors changeons de sujet :-)

    L'humour est une très bonne thérapie, et si en plus on peut en faire profiter les autres, c'est encore meilleur pour le moral.

    Continue de nous régaler avec ta poésie adorable Carole, Nathalie a en toi une amie bien précieuse.

    Bisous à vous deux, Véro.

      • Carole Tahar
        Mardi 28 Janvier à 10:02

        Coucou et Merci Véro !

        J' ai déjà remarqué que quelques tissus imprimés... d' Amitié, tu sais, ces très jolies fleurs bien  persistantes dans beaucoup de jardins, et bien ces tissus sont totalement réversibles, amitiés en recto/verso, j' ai trouvé ça génial quand j' en ai trouvé!

        Je me demande d' ailleurs si ce n' est pas avec ces tissus précieux que tu as réalisé tes furoshikis...

        Bises

        Carole.

    12
    Carole Tahar
    Mardi 28 Janvier à 18:07

    Nathaaaaaalie!

    J' y pense...et j' y réfléchis...beaucoup, à ton petit rajout de supplément d' âme, là, tout au début.

    "Tout comme l' avenir, ce n' est pas tout à la fois, mais grain par grain qu' on goûte le passé"

    C' est assez vrai, heureusement d' ailleurs pour l' avenir, car ce serait dommage de l' avaler d' un seul trait,

    quant au passé, on peut aimer, mais je me demande s' il ne faut pas devenir raisonnable et ne pas en abuser...

    Des bises et merci pour les saines réflexions!

    Carole.

      • Jeudi 30 Janvier à 16:33

        J'ai pris beaucoup de plaisir à lire les pensées de Proust! Je le redécouvre...

        Celle-ci m'a tapée dans l'oeil, elle a été écrite pour toi smile

        Bises Carole

    13
    Stéphanie
    Samedi 1er Février à 18:07

    Ces paroles sont très touchantes. Merci Carole pour ce beau billet et à Nathalie d'avoir pu le permettre. Bisous à toutes

      • Carole Tahar
        Samedi 1er Février à 20:56

        Bonsoir Stéphanie! Merci d' avoir aimé, vraiment!

        Oui, Nathalie est une généreuse et heureuse...boîte aux lettres!!!

        Il n' y a pas d' heures limites pour y déposer quelques phrases,  quelques photos, un peu de vie, de souvenirs, quelques sourires aussi.

        Une...boîte aux lettres pour les coeurs en joie ou parfois en peine, pour parler de tout et de rien,

        et tiens, Nathalie, en voilà encore une  de boîte à tout!

        Bises Stéphanie, passe un beau week-end!

        Carole.

         

    14
    Mercredi 5 Février à 21:07

    Chère Nathalie merci d'avoir relayé le doux compte de Carole ... Chère Carole, merci pour ces doux mots qui me replonge dans mon enfance ... Apprendre à faire la mayonnaise avec ma mamie, le doux parfum du gâteau au pomme préparer par ma maman et qui embaumait la maison après l'école (je lui avais demandé de le préparer pour moi pour en faire un billet, aujourd'hui j'en regarde les photos avec tant d'émotion ...) ... et puis tant d'autres madeleines, dont le souvenir est encore davantage plus douloureux que nostalgique ...

    Je vous embrasse fort toutes les deux ^^

      • Carole Tahar
        Jeudi 6 Février à 13:36

        Bonjour Nathalie!

        Merci pour ce que tu en dis de ce billet;

        je me suis rendue compte que nous sommes beaucoup à garder dans nos poches quelques miettes de nos...madeleines de Proust, difficile de les écarter de nos mémoires, et difficile de les garder, parfois douloureux de s' en souvenir, ou nostalgique.

        Mais il en a été de même pour nos aînés en fait, les parents et grands-parents ont toujours raconté quelques-uns de leurs souvenirs, leurs madeleines à eux,  et nous, de répéter...

        Oui! mamie, tu as déjà raconté ça! Oui! ça sentait bon dans ta cuisine à ton époque...Oui! le choco BN a remplacé la tartine coupée par papi... pour y étaler ta si bonne confiture de mirabelles...oui! je me rappelle que c' était le meilleur des goûters et qu' on ne sait plus ce qui bon maintenant...maman me dit d' ailleurs la même chose...

        Oui!!! je me souviens aussi que papi passait la grande lame dentelée sur le dos de la miche ou du grand pain de la semaine,

        un rituel, comme un signe de croix qui n' était en fait qu' une façon "d' entendre" le son sourd et bien aéré de la mie, là, à l' intérieur! Oui!!!! tu as raison, c' était fameux!!!

        Je ne sais pas si nous transmettons  à bon escient maintenant, je ne sais pas non plus  si nos anciens avaient une vraie nostalgie de leur temps passé, je les imagine plus enjoués que nous, plus rieurs, moins sombres ou tristes aussi! Sommes-nous devenus plus fragiles ou...plus réceptifs à nos ressentis, peut-être!

        Le "Petit jardin sur la terre" nous invite à poursuivre sa joyeuse  histoire, du côté de Brest, avec grand bonheur!

        L' hiver un peu gris s' éloigne...

        Bises aux deux Nathalie!

        Carole.

         

         

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