• Il était une fois... De fil en fil

     De fil en fil...

     

     

    Yvette habitait une vieille maison un peu en « l'état » comme on dit maintenant dans un jargon immobilier, c' était rue des tas de fumier!!!

    A une époque, la richesse des paysans se devinait à la hauteur des tas de fumier bien en évidence !

    Plus haut était le tas, plus il y avait de vaches et plus le paysan était riche !

     

    Il était une fois... De fil en fil

     

    Yvette savait faire des gaufres comme personne, vous savez, dans ces vieux moules noircis et jamais lavés,

    gage de réussite de ces petites merveilles fines et croustillantes.

    Yvette réussissait aussi les caramels, ceux faits avec la crème un peu... passée de jour

    mais qui une fois cuite avec le sucre, ne devait plus, d'après elle

     avoir d'incidence négative sur les intestins... sauf sur les miens !

    Et pourtant, que les caramels d' Yvette étaient bons, très durs... mais très bons !

    Yvette était la cousine... d'Yvette, juste en face, je coiffais l'une, je coiffais l'autre !

    Quelques années en arrière, la liste des prénoms était assez simplifiée et il n'était pas rare de rencontrer des Jules et des Jeanne dans la même famille ;

    une sorte d'héritage qui parfois pouvait semer quelques discordes... même entre cousines !

    ***

    Chaque printemps, à quelques jours près d'après le calendrier tenu à jour d' une main experte, Yvette savait que c'était le moment!

    C'était pour bientôt, ne pas oublier de laisser ouverte au vent, la porte de la vieille remise, celle où dormaient d' un bon sommeil,

    les fourches, bêches et autres outils de jardin, poussiéreux de n'être plus utiles, formant des petits croisillons en hauteur sur des traverses de bois,

    conditions requises pour les demandes de pouponnières indispensables aux hôtes d 'Yvette...

     

    Et quelques jours plus tard, carnet en main, fébrile comme une jeune fille amoureuse, bigoudis sur la tête, (c'est arrivé! ),

    Yvette les comptait, elles tournoyaient autour de la remise, une, puis deux, puis trois et quatre, parfois le double certaines années,

    elles rentraient, ressortaient, elles connaissaient les lieux, jamais elles ne se seraient trompées de rue,

    car les hirondelles aussi, habitaient pour quelques temps rue des tas de fumier!

     

    Il était une fois... De fil en fil

    ***

    Depuis, Yvette et sa cousine rient encore de bon cœur, ou...

    se disputent toujours pour une sombre histoire de bal au village qui aurait tourné à l 'avantage de l' une, mais de là-haut...

    La remise est fermée, la rue des tas de fumier n 'existe plus que dans quelques mémoires

    et les hirondelles continuent de faire nos printemps...

    encore pour quelques temps, ça ne tient plus qu' à un ... fil !

    ***

    En 2012, j' écrivais ce petit texte dans le Courrier des Lecteurs de l 'Est Républicain,

    je l' ai modifié un peu pour que mes deux Yvette reprennent vie sous votre lecture.

    Quand je circulais pour aller coiffer mes clientes en campagne, j' ai vu petit à petit les hirondelles bien désorientées

    par le « gommage » de leurs fils se retrouvant sous terre lors des enfouissements des divers réseaux.

    Des beaux lotissements neufs, portes fermées et plus une seule vieille remise ouverte aux vents des printemps !

    De fils en fils disparus et de remises en remises fermées, les générations à venir auront bien peu à compter au printemps,

    les carnets d ' Yvette se vident au fil du temps...

     

    Il était une fois... De fil en fil

     Texte et dessins de Carole Tahar

    ***

     


  • Commentaires

    1
    Dimanche 12 Mai à 08:40
    catherine

    un bien joli conte qui me  rappelle tant de souvenirs..on dirait que tu décris le petit village lorrain où j'ai grandi..

    bravo à toi, Carole :-)

    bon dimanche à vous deux, des bises ensoleillées ce matin (et presque sans vent)

      • Dimanche 12 Mai à 20:18

        Je crois bien que Carole est de ce coin! Elle te le confirmera!

        C'était un beau dimanche, j'ai continué les plantations sous le soleil mais avec une pointe de vent. C'était bien agréable :-)

        Bonne soirée! Grosses bises Catherine

      • Carole Tahar
        Dimanche 12 Mai à 20:55

        Bonsoir Catherine! Merci à toi.

        Je ne suis pas de Lorraine, mais pas bien loin finalement...l' Alsace est à portée d' ailes...d' hirondelles, je suis née à Munster. Mais cette histoire se passe dans un village voisin au mien maintenant, tout à côté de Besançon, dans le Doubs. Il y a des Yvette partout, j' en ai rencontré beaucoup pendant ces 10 années à domicile. J 'ai vu une génération de femmes qui pour certaines, ont lavé leur linge à la main au lavoir et quelques décennies après, passaient leur tasse de café au micro-ondes!

        Tu vois le grand écart? Beaucoup de femmes aussi devenues veuves et ayant repris leur vie en  main par la force des choses! ne faisaient pas partie de leur vie avant, et pourtant, elles en étaient heureuses!

        Des bises un peu...ensoleillées et beaucoup de vent!

        Carole.

         

         

      • Carole Tahar
        Mercredi 15 Mai à 23:15

        Bonsoir Catherine! (tiens, il faut que je remonte tout en haut pour te laisser une autre petite bafouille)

        Je comprends ta tristesse en retournant dans ton " chez toi", ça doit être troublant de ne rien reconnaître alors que la mémoire et le coeur, eux, ont des souvenirs  absolument exacts! On imagine encore plus facilement ce que les 2 générations qui nous précèdent ont pu ressentir lors de l 'évolution de leurs villages. Peut-être que la "charge émotionnelle" que tu as reçue sera plus douce...un peu plus tard.

        Je t' embrasse.

        Carole.

        (Je vois que dans ma première réponse: Beaucoup de femmes veuves et ayant.........choses! Il manque: Car décider et choisir ne faisaient pas partie de leur vie avant et pourtant elles en étaient heureuses.)

         

         

         

    2
    Dimanche 12 Mai à 08:44

    c'est le fil de deux vies que l'histoire de ces Yvette, on se rappelle tous quelques choses de ces grands mères qui tabliers noués autour de la taille allaient vaquer à leurs occupations du moment... et comme tu le dis, il ne restera bientôt plus de petit cabanon charmant ou d'histoires de grands mères, souvenirs effacés par le temps qui passe et les trépidations inutiles d'une populace en quête d'image et de réalité virtuelle, pathétiques reflets d'une société futile

    Dans mon village près de la voie de chemin de fer chaque printemps s'installent sur des chaises pliantes à l'ancienne trois grands mères qui refont le monde, bigoudis et chaussons aux pieds, je m'amuse lorsque je les vois même je suis à peu près certaine que les gens n'y prêtent plus attention, un jour il faudra que j'aille les saluer pour tailler la bavette avec elles et leur soutirer quelques histoires croustillantes sur la vie du village

    Le beau temps est enfin arrivé, ouf, il était temps, ça déborde là en bas dans le village à cause des fortes pluies

    Des bises venteuses

      • Dimanche 12 Mai à 20:23

        Fais-le Chris! Elles seront heureuses ces grand-mères qu'une jeunette s'intéresse à leurs histoires du temps passé!

        Oui, il a fait beau aussi de côté de Brest, pas trop de chaleur mais pour jardiner, c'est tout ce qu'il faut!

        Les pluies ont fait leur oeuvre: ça explose!

        Gros bisous et bonne soirée Chris!

      • Carole Tahar
        Dimanche 12 Mai à 21:15

        Bonsoir Christine! Merci!

        Ne pas se priver, surtout pas, de continuer à tisser ce fil de la vie entre générations différentes. Ici, dans mon village, il reste encore quelques anciens, plus beaucoup. J 'ai coiffé à domicile "les anciens des Salines" comme on les appelle, plus de femmes que d'hommes d' ailleurs, c' est une réalité, il y a plus de chaises occupées par des femmes finissant leurs vies seules. Un sourire, un mot, un bonjour, c' est rien en fait, mais un jour, ce sera nous sur les chaises pliantes à l 'ancienne (enfin, si on y arrive!), et nous serons sans doute ravies qu' une Christine nous remarque et que dans un élan de "raz le bol" de....de quoi au fait? Mais on ne sait plus... c' est que Christine , elle a le même âge que nous, là sur les chaises longues....Ah! zut alors! Quelle époque!

        Bises venteuses aussi!

        Carole.

      • Mercredi 15 Mai à 10:02

        Ma grand mère paternelle n'était pas une femme agréable ni gentille ni même accueillante, par contre je me souviens d'elle regardant par la fenêtre ce qui se passait dans la cour commune, scrutant le moindre mouvement et lorsqu'elle en avait terminé, elle filait dehors faire ses carreaux avec du papier journal

        Elle vivait cloîtrée et recluse chez elle, je n'ai jamais compris son mode de fonctionnement, elle me fait penser à ce vieux chnoc qui vit à regarder dans mon jardin ce que j'y fais... par contre mon autre grand mère pour le peu qu'il me reste de souvenirs allait discuter avec tous, j'aime ces grands mères qui souvent seules trouvent encore assez de goût à la vie pour continuer leur chemin en partageant avec d'autres les histoires du temps qui passe

        Tu as bien raison Carole, ma mémoire me joue déjà des tours clown, imagine lorsque je serais sénior et âgée de plusieurs décennies, j'aurais sans doute encore le courage de sortir ma chaise, de m'y asseoir et de tailler la bavette avec les copines du coin (pas ici surtout pas) en évoquant les seuls souvenirs qui me restent encore... ceux que mon cerveau asphixié par les ans aura sauvegardé bien au chaud dans ma mémoire...

        A moins que comme je le dis souvent à Zhom, la vie ne m'est usée avant l'heure emportant avec elle mon dernier souffle, d'un baiser de mon aimé je fermerais les yeux, il ne restera plus alors de moi qu'un souvenir qui avec le temps s'effacera, il n'y aura plus d'Yvette pour conter les souvenirs d'une époque révolue et plus de Christine non plus pour s'en souvenir

        Des bisous douce Carole, prends soin de toi

      • Carole Tahar
        Jeudi 16 Mai à 13:12

        Coucou Christine!  Ah, non, non, non!  Le dernier petit paragraphe ne me convient pas du tout! Quand on devine ton énergie et ta vivacité (et dans vivacité, il y a vie), on ne peut pas se dire que  cette fameuse vivacité de vie (allez, on associe tout d 'un seul coup!) viendra à bout de ta résistance et que le baiser de ton aimé fermera tes yeux....non, non, non! Tu es dans le présent, et dans ce présent, il y a tant de belles choses qui t' attendent! Et......dans nos générations....il n 'y a plus de prénom Yvette, donc tu n' as pas le choix, il faut que le prénom Christine reste bien debout pour tout raconter aux jeunes oreilles!!!

        Des bises!

        Carole.

    3
    Dimanche 12 Mai à 09:46

    C'est un très joli texte à nouveau Carole, et bien émouvant...

    Bisous, Véro.

      • Dimanche 12 Mai à 20:30

        Merci Véro! je les trouve bien touchantes ces deux "Yvette", en cherchant bien on en trouve encore!

        Demain, je reçois deux V.I.P: Belle-maman et sa soeur, tata Annick, 196 ans à elles deux! Je les tirerai en photo, tu verras comme elles sont mignonnes et coquettes!

        Bonne soirée Véro! bisous

      • Dimanche 12 Mai à 20:32

        oups, non c'est plutôt 176 ans...

      • Carole Tahar
        Dimanche 12 Mai à 21:20

        Bonsoir Véro et merci!

        Oui, oui, Nathalie! Mes Yvettes ont des cousines partout, et je crois que tu reçois deux Yvette V.I.P demain!  Elles seront ravies d' avoir été gratifiées de...quelques années de plus! Mais les Yvette ne sont pas rancunières, c' est bien connu!

        Des bises Véro!

        Carole.

    4
    Dimanche 12 Mai à 09:53

    C'est une jolie histoire et bien illustrée!

    Oui c'est vrai qu'on voit moins d'hirondelles...

    Chaque année je guette l'arrivée des hirondelles des fenêtres qui s'installent sous mes fenêtres justement, cette année j'ai un couple de moins...

    Et il me semble en voir moins tourner dans le ciel...

    Un voisin me disait que la plupart des nouveaux propriétaires du village détruisaient les nids sous leurs fenêtres car cela salissaient le mur...

    Bon dimanche

      • Dimanche 12 Mai à 20:41

        Tu es aux premières loges pour nous parler des oiseaux, Cindy! C'est toujours un plaisir de découvrir leurs portraits sur ton blog smile

        Tiens-tu un carnet de comptage des espèces?

        Ce sont les étourneaux qui nichent au dessus de la terrasse qui font un peu de salissures, bah, tant pis, je ne suis pas maniaque ;-)

        Je suis archi contre les cache-moineaux... et Pierre a même laissé des niches dans les pierres pour que les oiseaux puissent faire leurs nids, ils reviennent tous les ans!

        Bonne soirée et bisous Cindy!

      • Carole Tahar
        Dimanche 12 Mai à 21:47

        Bonsoir Cindy et merci tout plein!

        Je pense que oui, les hirondelles sont moins nombreuses, vraiment.  Elles doivent retrouver des fils et des sous-toits dans les villages plus éloignés, beaucoup de petits villages ne peuvent enfouir les réseaux. Je ne suis pas surprise par la destruction des nids pour cause de salissures...j' ai aussi entendu que ...les oiseaux grattent  dans les massifs, que ça fait du bruit le matin, que ça casse les branches et qu' il y en a bien assez comme ça! Je guette les hirondelles comme toi, et je guette le passage des cigognes chaque année! Nous sommes pile sur leur trajet via l' Alsace, elles font souvent des haltes par ici, le soir, et le matin, très tôt, elles se remettent en route. Idem dans l 'autre sens, via le soleil pour l' hiver. Je reste optimiste malgré tout; tant que nous verrons ces passages, tant que mon couple de rougequeue viendra nous faire un petit coucou sous la terrasse, tant que mes tourterelles passeront leur temps à nous observer, nous autres humains, tant que les pies viendront apprendre à leurs jeunes qu' une Pépite ici ne finit jamais son assiette , on peut encore espérer un peu de notre monde!

        Des bises Cindy!

        Carole.

    5
    Dimanche 12 Mai à 17:33

    Bonjour Carole!

    maintenant que tu mets le doigt dessus, c'est vrai que j'enviais ceux qui n'avaient pas tous ces fils... gâchant le paysage!

    En lisant ton histoire, je me suis dis que je serais bien triste de ne plus voir les partitions d'oiseaux sur les fils surplombant mon jardin!

    Comme Cindy, j'ai des hirondelles qui reviennent tous les ans, nicher sous le toit de la maison et c'est un ballet gracieux qu'elles nous offrent pour nourrir leurs petits.

    Nous n'avons pas installé de cache-moineaux, nous voulons être accueillants pour la faune ailée, même un couple d'étourneaux , au chant mélodieux quand nous ne les dérangeons pas en nous promenant sur la terrasse ;-)

    Merci de m'avoir confié ton histoire au charme... d'antan!

    Des bises Carole!

      • Carole Tahar
        Dimanche 12 Mai à 22:33

        Bonsoir Nathalie!

        Ah! ces fils! C 'est exactement ça, des partitions d' oiseaux! Tu as raison! Je trouve toujours que la plus grande feuille blanche sur laquelle s 'écrit chaque jour une histoire différente, c 'est notre ciel!  Et les fils en faisaient partie, même ces entremêlats de câbles  (je crois que je viens d 'inventer un mot) genre toile d' araignée qui alimentaient un quartier tout entier et qui servait... aux étourneaux! Et bien, où qu' ils vont eux maintenant?  Il reste les grands pylônes, On assiste parfois aux concerts des étourneaux qui y nichent, une arrivée en fanfare, et quand le chef d ' orchestre en a marre, d' un seul coup, c 'est silence!

        Pour les hirondelles, le magique de ces "partitions", c' étaient les préparatifs au départ! Un peu comme de grandes cousinades, tout le monde arrivait, se plaçait, se déplaçait de 3 hirondelles, puis comptant mal, les petiots repéraient où étaient les parents, 4 hirondelles avant les 3 autres...et puis un essai d' envol en famille, raté, recommencé maintes fois jusqu' au jour tant attendu, quand  totalement repues et gavées de tant de moucherons attrapés au vol, tout  à coup, elles partaient, ces familles d 'hirondelles!

        Tu parles de cache-moineaux, tu sais que je ne connaissais pas ce truc? On a jamais eu de pétrole, mais des drôles d 'idées! (facile!)

        Merci de tout coeur, Nathalie,  pour mes Yvette et les hirondelles, profite bien de tes douces V.I.P demain.

        D' énooooormes bises!

        Carole.

    6
    Dimanche 12 Mai à 21:17

    Non je ne tiens pas de carnet, chaque fois que je reçois le mail de la LPO pour le comptage je me dis, je m'y met et puis plouf :x

    Il faut vraiment que je note, car il y a pas mal d'oiseaux et à force j'en reconnais de plus en plus.

    Bonne soirée, bises.

      • Lundi 13 Mai à 08:59

        Cela pourrait faire un bel article de nous montrer tous les oiseaux qui vivent par chez toi! Je suis impressionnée par toutes les variétés, il y en a que je ne connaissais pas!

        Bon lundi Cindy! Bisous

    7
    Dimanche 12 Mai à 21:28

    Coucou Nathalie ,

    C'est une très belle histoire ancienne que l'on aimerait encore raconter sarcastic

    Mon voisin me raconte souvent de vieilles histoires du village ou nous habitons et j'adore connaître ces souvenirs d' y a bien longtemps .....

    les tas de fumier ont disparu , les remises se ferment et les hirondelles disparaissent .... wouai , le monde prend un drole de " visage" !!

    Belle soirée .

    Bisous

     

      • Carole Tahar
        Dimanche 12 Mai à 22:03

        Bonsoir Coco et merci!  Ah! ça,  "rue des tas de fumier" ne risque plus de servir de nom de baptême dans un lotissement, j' imagine surtout la tête des gens! Gloups!

        Oui, le monde change de visage; mais avant celui que nous connaissons, ou celui que les anciens ont connu et qui sont encore là pour le raconter, tu  as la chance d' avoir leurs confidences, il en existait aussi un autre, différent. Il faut que les nouvelles générations aiment le leur de monde, aux anciens et à nous de passer le témoin, je suis persuadée que malgré quelques apparences, les jeunes apprendront à y faire attention car ils n 'auront pas le choix. Et je crois fort à cette phrase: essayons d' être heureux, ne serait-ce que pour donner l 'exemple! J Prévert devait avoir raison, un peu visionnaire!

        Des bises,

        Carole.

      • Lundi 13 Mai à 09:20

        Coucou Coco,

        quand j'étais petite fille, je voyais souvent passer Emile avec sa charrette tirée par la jument Caroline. Quelquefois, il s'arrêtait devant chez nous et on avait le droit de caresser Caroline, c'était la fête! Emile avait une toute petite ferme pas très loin de notre maison, avec un tas de fumier dans la cour :-)

         

        Pour le beurre, c'était chez Victorine. Elle avait une ou deux vaches et préparait elle-même son beurre. C'était la dispute pour savoir qui d'entre nous cinq, irait chez elle, nous avions toujours le droit à un bonbon, ça aussi c'était une fête :-)

        Quand Victorine a pris sa retraite, ma mère a acheté le beurre au magasin. Je me rappelle parfaitement le jour où j'ai vu ce beurre industriel pour la première fois, il était pâle et fade, il n'a pas eu de succès no...

        Je crois que quelques uns essaient de revenir à des produits de la ferme,  du moins dans mon coin, il y a pas mal de petits maraîchers qui tiennent, donc il y a une clientèle...

        Pour le tas de fumier, je pense que des lois empêchent dorénavant de les exposer ;-)

        Bon lundi Coco! Bisous

         

      • Lundi 13 Mai à 22:37

        Coucou ,

        Une grande tante avait quelques vaches en Bretagne ( et oui ) lorsque nous étions enfants ...

        Elle avait une table ou les assiettes étaient creusées directement dans le bois de la table :) et nous allions chercher le lait dirctement à la source hihihi !

        Les tas de fumier n'ont plus le droit de s'exposer mais bientôt , les vaches disparaitrons elles aussi ...

        Bisous

    8
    Le jardin de Nell
    Lundi 13 Mai à 11:36
    Le jardin de Nell

    Cela me rappelle des souvenirs d'enfance…

    Après le décès de ses parents, mon père a rénové la maison de son enfance. La grange est devenue un garage et une cuisine d'été. La porte a été fermée pour bloquer l'accès aux hirondelles. Ben oui quoi, ça faisait des petites crottes sur le sol… Vous vous en doutez, c'est l'un des sujets de discorde que je peux avoir avec mon père… arf

    Bisous à toutes les 2

      • Carole Tahar
        Lundi 13 Mai à 13:49

        Bonjour et merci Estelle!

        Petit sujet de discorde entre générations...on va dire que les hirondelles de la maison d' enfance de ton papa ont sans doute trouver refuge plus loin.

        Mais ce que tu dis rejoint un peu la façon qu' avaient aussi certains anciens dans les traitements et engrais...c' était en direct du jardin mais avec quelques petites "substances illicites"!!!  Il n' y avait ni d 'études ni de terribles constats sur les dégâts possibles.Ou alors, on faisait mine de ne pas savoir...

        Je lis dans la réponse de NATHALIE à COCO, qu' il existait bien un  Emile et une Caroline, une petite ferme avec un tas de fumier , une Victorine et ses 2 vaches, et du beurre virant du beau jaune au blanc! Et oui, je pense que les tas de fumier sont bien interdits à ...l' exposition maintenant! Si on réfléchit à l 'écoulement du "jus" à l 'époque en temps de pluie!

        Par contre, vous le sentez ce bon air de foin coupé? des fraises dans le saladier en verre décoré? des fromages blancs s 'égouttant dans la faisselle? des confitures dans la bassine en cuivre? de la bouilloire qui n 'en finissait pas de chanter? Tous ces trésors d' héritage familial et  de voisinage, car c' est une époque, pas si lointaine en fait, où les gens papotaient d' une maison à l 'autre, les enfants  allaient chercher du lait, donnaient un coup de main pour les "foins", on était pas très à cheval sur l' âge requis pour la conduite du tracteur! Les pommes pourries et véreuses faisaient le bonheur ...des compotes, (quelle horreur!),

        Dans toutes les époques finalement, il y a du bien et du moins bien, mais comme pour les pattes d' eph et les franges devant les yeux, on commence à retrouver des petits points de vente de produits de la ferme, c' est vrai Nathalie!

        Des bises aussi à vous deux!

        Carole.

      • Lundi 13 Mai à 20:15

        Coucou Estelle et Carole,

        ma mère aimait beaucoup les oiseaux et je crois qu'elle passait pas mal de temps à les observer car elle nous racontait, à notre retour d'école, de petites anecdotes sur le merle qui chipait les fruits ou du chat qui le guettait sans jamais réussir à l'attraper ( elle en était ravie ;-) mais la maison avait des cache-moineaux et elle n'aurait pas supporté la vision de sa maison souillée par les déjections... Il faut dire que nous habitions tout près d'un bois, alors chacun chez soi...

        Oui, Carole, nous allions chercher le lait dans une autre petite ferme ( chacune avait sa spécialité ;-) il était courant que le Mr L'Her soit à traire sa vache quand nous arrivions!

        Pour les oeufs et le poulet du dimanche, c'était encore une autre ferme! Là où j'allais ado, ramasser les patates pour avoir de l'argent de poche!

        Maintenant, cela se fait avec des machines...

        Mais cela nous éloigne des hirondelles! Si elles reviennent,  c'est qu'elles trouvent encore " le gîte et le couvert" quelque part, loin des nouvelles habitations...

        Bonne soirée à toutes les deux!

        Bisous

      • Mardi 14 Mai à 13:01
        catherine

        dans mon petit village lorrain, j'allais le soir chercher le lait (2 litres/jour!) à la ferme en bas de la rue, et des oeufs chez une mamie un peu plus loin,

        cela fait presque 50 ans..ouioui!

        j'y suis retournée il y a moins d'un mois, en pélerinage, je n'ai pas reconnu les devants de ferme, avec parking, parfois fleurs,

        le jardin potager de ma mère, derrière l'école est devenu un parking, je pense ne jamais y retourner, j'avais le coeur à l'envers,

        toute ma jeunesse est partie en fumée,

        la grange où l'on faisait des bals, les petites rues devenues routes, les constructions neuves, beurk!

        bien sûr plus d'hirondelles rasant les murs ou volant très haut dans le ciel..

    9
    Mercredi 15 Mai à 17:51

    Un billet qui a une résonnance toute particulière en moi en ce moment. Dimanche, je suis allée dire au revoir à ma mamie...

    Bravo à Carole, qui est décidément très talentueuse ! Et gros bisous à toutes les deux !

      • Carole Tahar
        Mercredi 15 Mai à 22:15

        Bonsoir Istariel! De douces pensées pour toi, sincèrement!

        Je t 'embrasse et merci d' avoir aimé.

        Carole.

      • Mercredi 15 Mai à 22:55

        Bonsoir Sophie,

        c'est difficile de dire au revoir à ceux qu'on aime. Je sais que tu cultives dans ton jardin, des plantes du coeur, de personnes que tu aimes.

        Celles de ta mamie seront sa mémoire, tu les raconteras à tes petits garçons ainsi, elle vivra toujours à vos côtés .

        Toutes mes pensées affectueuses et sincères dans ce moment de chagrin, Sophie.

        Je t'embrasse bien fort.

        Nathalie

    10
    Jeudi 16 Mai à 17:44

    Cette histoire sent bon mon enfance, celle à la campagne (je vous avais raconté l'histoire du monstre gluant vivant au fond du puis ...), mais plus que les personnes elle me rappelle seulement les hirondelles qui virevoltaient entre les granges et les remises ... J'adorais les voir bâtir leurs nids, j'étais fascinée par ces "tas de boue" accrochés aux toits !! Et puis je me souviens aussi observer celles de ma rue, j'habitais une petite ville où elles avaient encore leur place, même si je me rappelle que mes parents leur faisaient la chasse car soit disant elles attiraient les punaises et moi j'étais triste qu'on les chasse à coup de jets d'eau ... Et aujourd’hui ... plus rien, je ne les vois plus ... Les choses changent ...

    Merci Nathalie, Merci Carole pour m'avoir replongée une nouvelle fois dans mes souvenirs d'enfance :-)

    Très belle soirée à toutes les deux, des bises :-)

    PS : Nathalie, les achillées ont envahi les bords des routes, je les trouve en avance cette année !! ^^

      • Carole Tahar
        Vendredi 17 Mai à 14:48

        Bonjour Nathalie...d' unbrinnaturel!  Sans le vouloir, je suis ravie de...ta plongée dans les eaux douces de ton enfance! (oh! qu' elle était facile celle-là!).

        Oui, les choses changent... d' un  monstre gluant, les plus jeunes n 'en verront pas le bout du nez...sauf si nous, en passage de relai et d' histoires abracadabrantesques,

        nous gardons ce goût pour les souvenirs à raconter!

        Des bises et merci!

        Carole.

      • Vendredi 17 Mai à 15:59

        Coucou Nathalie :-)

        je t'imagine bien petite fille, rêveuse et observatrice de la nature. Un peu comme sur ta photo de profil sur ton blog :-)

        Cette attitude m'était coutumière, la tête dans les nuages, une enfant de la lune.

        Je suis triste que tu ne puisses plus regarder voler les hirondelles, un vol à nul autre pareil!

        Gardons ces jolis souvenirs! Carole a la bonne idée de les faire ressurgir par sa plume, j'ai aimé me revoir sur mon vélo avec les deux pots à lait sur le guidon, roulant sur un chemin en terre vers la ferme... Chemin qui n'existe plus, il a été remplacé par une route!

        Quelle chance d'avoir des achillées sauvages! Je suis allée voir sur les talus à côté de chez moi et ce n'était pas ça! Ce sont de fines ombellifères, j'en ai cueilli quelques unes et j'en ai fait un bouquet avec des roses du jardin :-)

        Bon week-end Nathalie! Bisous... que je confierai bien à une hirondelle pour te les apporter!

    11
    Samedi 18 Mai à 11:25
    Denise

    Bonjour chère Nathalie, un grand merci à Carole pour son magnifique texte, c'est délicieusement bien écrit.

    Doux week-end à toutes les deux :-)

    Bisous ♥

      • Carole Tahar
        Samedi 18 Mai à 14:19

        Bonjour Denise...de Quelques Pétales!

        Grand merci pour le "magnifique texte"!

        Un petit coeur associé à ces "bisous", ton souhait de beau week-end me lancent une jolie perche à l 'attention de Nathalie:

        MERCI NATHALIE !!!

        et des bises de sympathie aux jardinières qui ont aimé  Yvette et ses hirondelles.

        Carole.

      • Dimanche 19 Mai à 07:46

        Bonjour Denise,

        merci pour ce gentil message auquel Carole a été sensible :-)

        Je te souhaite un bon dimanche dans ton joli paysage vallonné en espérant que le soleil veuille bien s'y montrer!

        A bientôt! Amitiés et bisous

         

    12
    Stéphanie
    Dimanche 19 Mai à 10:18

    Bonjour Carole et Nathalie,

    Quel joli texte ! Ma grand mère s'appelait Yvette et j'aimais quand elle me racontait les histoires de son enfance. Je regrette même de ne lui en avoir pas demandé plus souvent, mais je ne me rendais pas compte à l'époque combien ces histoires seraient précieuses aujourd'hui. J'ai souvenir également d'un gros tas de fumier derrière la maison familiale où je passais mes vacances quand j'étais petite.

    Merci Carole pour toutes vos histoires, on en redemande !! et merci Nathalie pour donner la parole à Carole dans votre blog, qui est tout aussi charmant et que je lis avec plaisir à chaque fois.

    Bon dimanche à toutes les 2

     

      • Dimanche 19 Mai à 12:23

        Bonjour Stéphanie,

        je suis toujours émue quand une lectrice sort de l'ombre pour laisser un message. Merci pour le vôtre qui me touche beaucoup!

        Carole sait mieux que quiconque fait ressurgir les souvenirs et qu'elle ait fait revivre votre grand-mère Yvette, voilà qui la comblera de bonheur.

        Mon blog, je le veux au partage et Carole, tant qu'elle aura l'envie, viendra nous raconter des histoires. Merci d'aimer notre association :-)

        Je vous souhaite un bon dimanche, Stéphanie et à bientôt!

         

      • Carole Tahar
        Dimanche 19 Mai à 21:38

        Bonsoir Stéphanie! Très heureuse que mon Yvette, voire même mes deux Yvette, après avoir repris vie grâce à Nathalie,  aient pu vous faire sourire et vous rappeler quelques histoires de votre grand-mère; mais vous savez, en matière d' histoires,  le plus important est de se souvenir de quelques unes...comme ce tas de fumier,  derrière la maison de vos vacances!  Il a certainement une place particulière dans votre " album", une sorte de lien ! Même un affreux tas de fumier peut faire grandir une petite fille!

        Je vous embrasse.

        Carole

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